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Préparez-vous à une nouvelle définition de la retraite

10 février 2017

Heureux couple senior avec un ordinateur portable.



Plus tôt cette semaine, le Conseil consultatif en matière de croissance économique du ministre des Finances Bill Morneau a publié des recommandations pour stimuler l’économie du Canada, conseillant d’exploiter l’innovation, d’améliorer l’acquisition de compétences et d’augmenter la participation au marché du travail.


Dans ses recommandations sur la participation au marché du travail, le Conseil a donné priorité à diverses façons de mobiliser des groupes sous-représentés, à savoir les femmes, tout particulièrement celles qui ont des enfants, les Autochtones, les personnes à faible revenu et les personnes âgées. L’une des principales recommandations consiste à augmenter l’âge de retraite traditionnel de 65 à 67 ans, tant pour la Sécurité de la vieillesse que le Régime des pensions du Canada, ainsi qu’à rendre le report des prestations touchées après l’âge de 65 ou 70 ans plus intéressant, afin d’encourager les Canadiennes et Canadiens âgés à demeurer un peu plus longtemps sur le marché du travail.


Il s’agit d’une mesure controversée que les conservateurs avaient prise sous l’ancien premier ministre Stephen Harper en 2012, qui voulait augmenter graduellement l’âge de l’admissibilité de 65 à 67 ans pour les personnes nées après 1958. Les libéraux du premier ministre Trudeau ont annulé ces changements en 2016.


« Qu’elles soient à la retraite ou non, les personnes âgées contribuent à la croissance économique du Canada, de par leur pouvoir d’achat et leur bénévolat », déclare Simon Coakeley, DG de Retraités fédéraux. « Pour certaines personnes à la retraite, il ne fait aucun doute que continuer à travailler est désirable et salutaire pour eux pour de nombreuses raisons, et que cela peut aussi être avantageux pour les employeurs, les employés et les économies. »


Après sa mise en œuvre, l’augmentation de l’âge de retraite pour la Sécurité de la vieillesse pourrait avoir représenté des économies de plus de 7 milliards de dollars par an pour le gouvernement fédéral, mais à un coût social considérable : les estimations ont révélé que les taux de pauvreté des personnes âgées auraient augmenté, passant de 6 à 17 % parmi les personnes âgées de 65 à 66 ans. Depuis les années 60, le taux de pauvreté des personnes âgées du Canada a constamment diminué, après la mise en place du Régime des pensions du Canada et du programme de la Sécurité de la vieillesse.


« Nous devons faire preuve de prudence et reconnaître que certaines personnes âgées sont incapables de travailler alors qu’elles avancent en âge, et pour de très bonnes raisons », enchaîne M. Coakeley. « Les personnes qui sont dans cette situation et qui ne peuvent toucher la Sécurité de la vieillesse ou le Supplément de revenu garanti éprouveraient de graves difficultés financières. »


Parallèlement à cela, les taux de participation au marché du travail du Canada ont diminué, probablement pour plusieurs raisons, dont des vagues de bébés boumeurs qui prennent leur retraite et cessent de travailler. En raison des prévisions de croissance démographique au ralenti pour les prochaines décennies, les gouvernements subiront des pressions pour augmenter la participation au marché du travail, pour maintenir la santé et la bonne marche de l’économie.


« Au bout du compte, une main-d’œuvre en santé et productive, et travaillant à sa capacité optimale, peut signifier que nous serons mieux en mesure, en tant que pays, de prendre soin de nos citoyens et citoyennes les plus vulnérables », poursuit M. Coakeley. « Une main-d’œuvre solide contribue à une saine économie, mais la participation au marché du travail ne peut se faire aux dépens des personnes âgées qui ne peuvent continuer à travailler et qui ont besoin que ces programmes sociaux soient disponibles. »


La démographie et les politiques publiques constituent un débat dont les Canadiens et les Canadiennes continueront d’entendre parler, ainsi qu’un enjeu avec lequel les gouvernements seront aux prises au cours des prochaines années sur plusieurs fronts, dont la sécurité du revenu de retraite et les soins de santé constituent deux exemples significatifs.