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Budget 2018 de l’Ontario : Ce que les aînés doivent savoir

28 mars 2018

Association nationale des retraités fédéraux, avec des fichiers d’iPolitics


Assemblée législative de l'Ontario.


À l’instar des discours du Trône, les budgets sont des documents ambitieux présentés par le parti au pouvoir pour exposer ses priorités en matière de dépenses, dans l’espoir de se maintenir au pouvoir. Étant donné que le budget de l’Ontario d’aujourd’hui est très proche des élections provinciales du 7 juin, une bonne dose de scepticisme est justifiée. 

Ce budget donne l’impression que les libéraux de l’Ontario parient que les Ontariens pardonneront les déficits importants si cela se traduit par d’importants investissements dans les dépenses sociales. En 2017-2018, le ministre des Finances Sousa a dégagé un excédent de 600 millions de dollars. Mais il y aura un déficit jusqu’à au moins 2024, estimé à 6,7 milliards de dollars en 2018-2019.

Les libéraux s’efforcent de « rendre le quotidien plus abordable » pour les Ontariens. Des réductions d’impôt avaient été prévues, mais il y aura plutôt des ajustements aux tranches d’imposition. Le gouvernement cherche également à recueillir des centaines de millions de nouveaux revenus en éliminant les échappatoires fiscales et en attrapant d’autres fraudes fiscales.


Soins de santé

Dans le budget de cette année, les soins de santé figuraient en bonne place.

En 2018-2019, les hôpitaux de l’Ontario devraient recevoir un financement supplémentaire de 4,6 %, soit 822 millions de dollars. Ce montant s’ajoute à l’augmentation de 3,2 % prévue dans le budget provincial de l’an dernier. L’engorgement des hôpitaux a atteint des niveaux de crise en Ontario. Ces fonds visent à réduire les temps d’attente et à régler les problèmes continus liés à la capacité de fournir des soins de meilleure qualité et plus rapides. Le budget ne précise pas la façon dont cela sera mesuré, ni à qui les responsabilités incomberont. 

Les investissements dans les soins à domicile et les soins communautaires totalisant 650 millions de dollars sur trois ans comprendront 180 millions de dollars alloués à l’augmentation du nombre d’heures de soutien personnel et de relève des aidants naturels et à l’augmentation du nombre de visites d’infirmières et de thérapies. De plus, le budget promet un investissement de 23 millions de dollars pour embaucher des milliers de préposés aux services de soutien à la personne (PSSP) supplémentaires pour soutenir les services de soins à domicile et 38 millions de dollars pour la formation, afin de répondre aux besoins de soins difficiles.

Pour les personnes âgées à la recherche d’établissements de soins de longue durée, 300 millions de dollars seront investis sur trois ans, afin d’augmenter le nombre d’heures de soins et d’embaucher du personnel infirmier et des PSSP.

D’ici le printemps 2018, les aidants naturels peuvent s’attendre à voir une nouvelle organisation d’aidants naturels pour les aider dans ce rôle, en leur fournissant de l’information et des ressources.

Un montant supplémentaire de 15 millions de dollars sera consacré aux soins palliatifs communautaires. De plus, la province réalisera le plan déjà annoncé sur la création de 20 nouveaux centres de soins palliatifs résidentiels dans l’ensemble de la province et les investissements dans les services de visites de soins palliatifs bénévoles.

Des investissements en santé mentale de 2,1 milliards de dollars au cours des quatre prochaines années ont également été promis, ce qui porte l’investissement total dans les services de santé mentale et de toxicomanie de l’Ontario à 17 milliards de dollars sur quatre ans.

Le nouveau régime d’assurance-médicaments et de soins dentaires pour les personnes et leurs familles ne sont pas couvertes par un régime d’assurance-maladie complémentaire commencera à l’été 2019 avec un investissement de plus de 800 millions de dollars au cours des deux premières années. Les participants seront remboursés jusqu’à concurrence de 80 % des frais admissibles de médicaments sur ordonnance et de soins dentaires, jusqu’à concurrence de 400 $ par année pour les célibataires et de 600 $ pour les couples, plus 50 $ pour chaque enfant de la famille. La conception finale sera éclairée par des consultations.

Tel qu’annoncé précédemment, le budget 2018 promet de rendre les ordonnances gratuites pour les personnes de 65 ans et plus. Mais l’élargissement de l’Assurance-santé Plus pour les aînés se limite aux personnes âgées qui n’ont pas de régime privé d’assurance-maladie. À compter du 1er août 2018, les aînés de l’Ontario qui n’ont pas d’assurance-médicaments auront accès à 4 400 médicaments sans frais. Lorsqu’il sera pleinement opérationnel en 2020-2021, le programme coûtera 575 millions de dollars.

De plus, à compter d’août 2019, les aînés inscrits au Programme de médicaments de l’Ontario (PMO) ne seront plus tenus de débourser une franchise ou une quote-part. Cela devrait leur faire épargner 240 dollars en moyenne, annuellement.

Les personnes qui ont des régimes privés comme le Régime de soins de santé de la fonction publique (RSSFP) et le Régime de services dentaires pour les pensionnés (RSDP) ne devraient pas encore renoncer à leur protection. Le RSSFP couvre plus que les médicaments et les médicaments couverts par le l’Assurance-santé Plus pour les aînés n’ont pas encore été confirmés. L’Association en saura plus sur les répercussions que cela aura pour les retraités fédéraux au cours des prochaines semaines.

« Le régime d’assurance-médicaments est depuis longtemps un élément important de notre travail de défense des intérêts. Il aidera à maintenir notre population vieillissante en santé et à rendre la vie plus abordable pour des millions d’aînés de l’Ontario », affirme Jean-Guy Soulière, président de Retraités fédéraux. « Nous espérons que le reste du Canada en tiendra compte lors de la mise en place d’un régime national d’assurance-médicaments. »

« Même si ces engagements de financement sont les bienvenus, ce qu’il faut, c’est un investissement stable et à long terme qui suit le rythme des demandes de notre population croissante et vieillissante », enchaîne M. Soulière. « Et il est grand temps de mettre en place une stratégie nationale pour les aînés, un enjeu pour lequel nous continuons de faire pression auprès de nos gouvernements. »


Sécurité de la retraite

Les aînés bénéficiant d’une sécurité financière continuent de contribuer à leurs collectivités — et à notre économie —, mais le budget de l’Ontario est avare de mesures relatives aux pensions ou à la sécurité du revenu de retraite. Un plus grand nombre d’Ontariens occupent un emploi sans régime de retraite offert par l’employeur, et les instruments d’épargne personnelle comme les REER sont sous-utilisés. Après les chiches améliorations apportées au Régime de pensions du Canada en 2016, la sécurité de la retraite semble avoir été laissée de côté. L’écart en matière d’épargne et l’absence de sécurité du revenu de retraite n’ont pas disparu et il faut y remédier. Le gouvernement de l’Ontario a toutefois promis d’apporter des modifications au Fonds de garantie des prestations de retraite (FGPR), afin de rendre les augmentations rétroactives au 19 mai 2017. Par conséquent, les augmentations s’appliqueraient aux anciens employés de Sears Canada. 

Dans le cadre d’un nouveau programme sur les aînés en santé chez eux, le gouvernement de l’Ontario cherche à investir un milliard de dollars sur trois ans, à compte de 2019-2020. Ce programme vise à verser jusqu’à 750 $ par année pour chaque ménage admissible dirigé par une personne âgée de 75 ans ou plus, afin d’aider à couvrir les coûts d’entretien d’une maison. Le budget promet de consulter les groupes d’aînés et les intervenants au sujet de cette nouvelle prestation et, plus précisément, sur ce qu’elle couvrirait.

La province a mis l’accent sur la sécurité de la retraite des préposés aux services de soutien à la personne (PSSP). L’Ontario investira 65 millions de dollars au cours des trois prochaines années pour mettre à l’essai un programme pilote de compte d’épargne libre d’impôt collectif au nom des PSSP admissibles. Les PSSP qui versent des cotisations supplémentaires verraient leurs cotisations jumelées à un maximum de 2,5 % de leurs gains. La province mènera des consultations à ce sujet. Il reste cependant à voir comment cet engagement se concrétisera par rapport aux plans, annoncés à la fin de 2017, de création d’un nouvel organisme provincial de PSSP, transférant ainsi une partie importante des services de soutien à domicile dans le secteur public.


Les familles à l’avant-plan

Bon nombre des annonces du budget étaient associées à des personnes et à des familles plus jeunes. La plus importante d’entre elles était une promesse de réserver 2,2 milliards de dollars sur trois ans à des services de garde gratuits pour les enfants d’âge préscolaire, à compter de 2020.  Pour les élèves plus âgés, le gouvernement a promis 2,1 milliards de dollars sur quatre ans pour l’accès supplémentaire aux travailleurs en santé mentale dans les écoles secondaires, ainsi que l’accès des jeunes à la thérapie et au counseling. De plus, un montant de 300 millions de dollars a été affecté à l’éducation spécialisée, y compris 2 000 nouveaux membres du personnel scolaire, des aides-enseignants et des spécialistes des langues.


L’essentiel

Des investissements importants et attendus depuis longtemps ont été faits dans ce budget de l’Ontario, et les investissements promis dans les soins de santé et la sécurité de la retraite sont encourageants. Pourtant, le budget prévoit six années de déficits. Les Ontariens surveilleront de près la prochaine saison de campagne électorale pour voir si ces promesses seront tenues, ainsi que combien elles coûteront réellement à long terme.