Vivre avec le cancer

21 avril 2016
Tulipes.
Barb — Winnipeg (Manitoba)

 

D’une façon ou d’une autre, le cancer nous a tous touchés. Un diagnostic peut être bouleversant, terrifiant et profondément perturbant, mais les gens peuvent nous tendre la main. Barb, une membre des Retraités fédéraux qui préfère ne pas utiliser son nom de famille, nous fait part de son expérience dans ce billet, afin d’illustrer que cela peut arriver à tout le monde. Le réconfort des personnes de votre entourage est alors essentiel. Et Barb, ainsi que tous nos membres qui ont survécu à un cancer ou qui en sont atteints, a assurément le soutien de la famille des Retraités familiaux.

 

Les neuf dernières années de ma vie peuvent se résumer en deux mots : « montagnes russes ». 

 

En 2007, on me diagnostiquait un cancer du côlon de stade 3. Je me souviens encore du visage défait de mon mari et de la voix cassée de ma mère lorsqu’ils ont appris la nouvelle.  Je me rappelle avoir pensé — d’innombrables fois — « cela arrive aux autres, pas à moi ». 

 

J’étais terrifiée.  J’ai d’abord subi une chirurgie, suivie de six mois de chimiothérapie.  J’ai beaucoup lu sur le cancer et j’ai suivi le régime alimentaire anticancer très strict recommandé par mon naturopathe.  Ma vie a été modifiée, à tout jamais.

 

Après le traitement, on m’a donné le feu vert et j’ai repris le travail.  Exception faite des analyses sanguines trimestrielles — qui m’angoissaient —, la vie était belle. En compagnie de mes collègues, j’ai suivi des cours d’activité physique sur l’heure du midi.  J’ai continué à jardiner, en cultivant des plantes annuelles, des légumes et des fines herbes tous les ans.

 

Mais deux ans plus tard, on m’a appris une très mauvaise nouvelle. Un cancer métastatique s’était manifesté dans mes poumons.  Le choc a été presque aussi atterrant que celui de mon premier diagnostic.  Il a fallu reprendre la chimiothérapie. Fort heureusement, elle est parvenue à ralentir la propagation du cancer de manière considérable. Neuf ans plus tard, je suis toujours là... 

 

Le soutien de ma famille a grandement contribué à me faire garder espoir. Mon mari est un roc, mes sœurs sont merveilleuses.

 

Grâce à la chimiothérapie, je cohabite avec le cancer. J’ai un traitement toutes les deux semaines. Je suis toujours fatiguée la première semaine, mais mon énergie revient par la suite et je parviens à faire presque tout ce que je veux. Par exemple, j’essaie de reprendre des forces. Je fais du vélo stationnaire durant l’hiver et des marches à l’extérieur quand cela m’est possible. Je poursuis mes activités et vis ma vie du mieux que je le peux.

 

Je prends congé à quelques reprises durant l’année, pour voyager avec mon mari.  Nous avons séjourné en Europe à plusieurs reprises, préparons un voyage dans les Maritimes à l’automne et prévoyons aller dans les Caraïbes en février.

 

Je fais aussi du bénévolat pour deux organisations différentes : les Retraités fédéraux et une école d’anglais langue seconde (ALS). Dans les deux cas, j’en retire une grande satisfaction.

 

Pour notre Association, j’aide les membres à s’y retrouver avec leurs régimes d’assurance maladie.

 

Pour l’école d’ALS, j’aide l’instructeur à enseignant l’anglais à des classes de nouveaux Canadiens. La plupart se trouvent au Canada depuis moins d’un an. Ce travail est tout particulièrement enrichissant.

 

Le bénévolat m’aide tout autant qu’il aide ceux à qui je donne un coup de pouce. Il me fait sortir de la maison, me tient occupée et ajoute à la dimension sociale de ma vie.

 

Certes, la vie est parfois stressante, tout particulièrement lorsque j’apprends les résultats de ma tomodensitométrie tous les trois mois.  Le moment des montagnes russes...  Mais ensuite, lorsqu’il fait soleil, je vais au jardin vérifier si les 50 bulbes de tulipes que j’ai plantés l’année dernière commencent à pointer. La nature est un rappel magnifique et fort bienvenu que l’espoir demeure.