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Un homme adulte sourit en conversant sur téléphone filaire blanc.
Malgré l’essor des téléphones mobiles, de nombreux Canadiens continuent d’apprécier leur ligne fixe.

Pour les passionnés de technologie, le premier téléphone intelligent remonte à 1994 : l’IBM Simon. Il coûtait cher, sa pile ne durait qu’une heure et il a été retiré du marché après seulement six mois. Puis, en 2007, Apple a lancé l’iPhone, transformant à jamais le monde de la téléphonie. En 2021, selon Statistique Canada, 93,9 % des ménages canadiens possédaient un téléphone mobile. Les iPhone ont mené l’adoption de la technologie des téléphones intelligents, mais ils ne détiennent encore qu’environ un cinquième du marché mondial. 

Les Canadiens ont ensuite commencé à abandonner leurs lignes fixes traditionnelles. En 2017, environ les deux tiers d’entre nous avaient encore une ligne fixe. Mais, en 2021, ce chiffre était tombé à moins de la moitié. Les personnes âgées sont les principales à conserver ce type de services. En 2023, un tiers des personnes âgées avaient coupé le cordon, tandis que chez les moins de 30 ans, près de 85 % utilisaient uniquement le sans-fil.

Le membre de Retraités fédéraux Stan Gray d’Halifax a pris sa retraite de la Marine il y a 24 ans et s’est senti quelque peu en eaux troubles au moment d’abandonner ses anciennes habitudes.

« J’ai gardé un téléphone résidentiel pendant des années parce que le forfait combiné téléphone et Internet par câble coûtait moins cher », explique M. Gray. « L’entreprise de câblodiffusion m’a dit que, si j’abandonnais le téléphone résidentiel, la facture de mon service par câble augmenterait. Ça semble être des mathématiques à l’envers, mais c’est ce qu’on m’a dit. »

Cependant, lorsqu’il a déménagé, il a changé de fournisseur et a coupé le cordon sans hésiter.

Les tarifs de téléphonie cellulaire sont en baisse. En moyenne, les prix de détail ont baissé de 16,7 % de 2023 à 2024, tandis que l’inflation a augmenté de 2,4 % au cours de la même période. Cela dit, tout le monde ne peut pas facilement abandonner la ligne fixe. Dans le Nord ou dans certaines régions rurales, la couverture cellulaire est inexistante ou inégale. Mais pour ceux qui souhaitent conserver une ligne fixe, la porte-parole du CRTC Mirabella Salem indique qu’une obligation gouvernementale exige que les fournisseurs de services téléphoniques conventionnels « offrent un service de ligne fixe fiable à toute personne de leur territoire qui en fait la demande ».

Karen Christopher, d’Embrun, en Ontario, utilisait un BlackBerry jusqu’à ce qu’elle doive le retourner à sa retraite de Service Canada en 2009. Elle n’a maintenant qu’une ligne fixe, qui lui coûte à peu près le même prix que les téléphones cellulaires qu’elle paie pour son fils et sa conjointe.

« J’habite en milieu rural, relativement rural », explique Mme Christopher. « Et quand il y avait une panne d’électricité, la ligne fixe fonctionnait toujours, jusqu’à l’arrivée de Fibe [le service de fibre optique de Bell]. » Lorsqu’ils sont passés à Fibe, elle a perdu la ligne en cuivre ainsi que sa capacité de passer des appels en cas de panne d’électricité.

Autrefois, les lignes téléphoniques étaient constituées de réseaux de fils de cuivre, jusqu’à ce que les fournisseurs souhaitent y intégrer la télévision et Internet. Les compagnies de téléphone ont alors commencé à installer des câbles en fibre optique en parallèle des anciennes lignes en cuivre, puis à couper ces dernières, juste à l’extérieur des maisons, les laissant pour la plupart inutilisés.

Le professeur de génie électrique de l’Université d’Ottawa, Claude D’Amours, explique que les lignes en cuivre classiques sont alimentées par le réseau téléphonique, et non par l’hydroélectricité domestique. Ainsi, en cas de panne, le réseau téléphonique peut souvent continuer de fonctionner pendant un certain temps, grâce à des sources d’alimentation électrique, qui peuvent inclure des génératrices locales. Les téléphones fonctionnant par fibre optique utilisent la voix par protocole Internet (VoIP), ce qui nécessite un modem alimenté pour y accéder.

« Si l’alimentation de ce modem est coupée, vous n’êtes plus connecté », précise M. D’Amours.

Mais si vous disposez d’une source d’électricité, comme une génératrice ou une batterie externe, vous pouvez alimenter le modem et votre ligne fixe fonctionnera pendant une panne d’électricité. Si votre téléphone sans fil nécessite de l’électricité pour fonctionner, vous devrez également l’alimenter. Les anciens téléphones à cadran rotatif ou à touches n’ont pas besoin d’alimentation supplémentaire pour fonctionner.

M. D’Amours ajoute que, lors de pannes d’électricité, les téléphones cellulaires continueront de fonctionner s’ils sont chargés, mais si la panne se prolonge, l’accès au réseau diminuera à mesure que leur alimentation s’épuisera.

Karen Christopher, qui est membre de Retraités fédéraux, affirme qu’elle reçoit parfois des appels frauduleux — arnaques visant les grands-parents ou faux agents de l’ARC — sur sa ligne fixe, mais le blocage des numéros en a réduit la fréquence. Une autre façon de limiter ces appels consiste à inscrire votre numéro sur la Liste nationale de numéros de télécommunication exclus. Mme Salem, du CRTC, précise que les numéros sont ajoutés instantanément lors de l’inscription et que les télévendeurs canadiens doivent télécharger une liste mise à jour datant de 30 jours ou moins.

Bien que la possession de lignes fixes soit manifestement en déclin, certaines personnes continuent de s’y abonner. Selon Koeun Choi, professeure agrégée au département de développement humain et de sciences familiales à Virginia Tech, qui étudie le développement cognitif des enfants dans le contexte des technologies, certains parents choisissent une ligne fixe afin d’éviter que leurs enfants aient un téléphone cellulaire.

« Ils réfléchissent de plus en plus à l’ancienne technologie, qui ne s’accompagne pas de toutes les fonctionnalités supplémentaires, comme les médias sociaux ou les autres vidéos en ligne », explique Mme Choi.

Le membre de Retraités fédéraux Blaine K. Dodds de Regina avait une ligne fixe qu’il a fait débrancher pour économiser de l’argent. Aujourd’hui, il souhaite la rétablir. M. Dodds a pris sa retraite en 2007 de son poste de commis aux renseignements à l’Agence du revenu du Canada, où il répondait à environ 200 appels par jour. Il souhaite récupérer sa ligne fixe parce que les téléphones cellulaires ne peuvent pas être inscrits dans l’annuaire en ligne 411.ca, et il aimerait que les gens puissent le joindre s’ils le cherchent. Le service 411 invoque des raisons de confidentialité pour expliquer pourquoi il ne répertorie pas les numéros de téléphone mobile.

« C’est complètement ridicule », affirme M. Dodds.

 

Rédacteur et cinéaste, Mick Gzowski est établi à Aylmer, au Québec. Il possède toujours une ligne fixe. Red Wireless de Rogers est un partenaire privilégié de Retraités fédéraux et offre des rabais à ses membres pour les services mobiles.

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