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Margaret Gillis, cofondatrice du Centre international sur la longévité du Canada, affirme qu’une convention sur les droits des personnes âgées est essentielle, car elle comble une lacune dans le droit international des droits de la personne. Photo : CIL Canadaon the rights of older persons is important because it closes a gap in international human rights law.
Margaret Gillis, cofondatrice du Centre international sur la longévité du Canada, affirme qu’une convention sur les droits des personnes âgées est essentielle, car elle comble une lacune dans le droit international des droits de la personne. Photo : CIL Canadaon the rights of older persons is important because it closes a gap in international human

Bonne nouvelle : le Conseil des droits de l’homme des Nations unies (NU) avance dans la rédaction d’une convention sur les droits des personnes âgées. Et le gouvernement canadien a récemment confirmé que ses représentants peuvent participer aux négociations à ce sujet.

« Participer aux négociations constitue un pas important, et le Canada tient un discours juste sur l’obligation de l’État en matière de respect des droits de la personne, tout en veillant à ce que les personnes âgées prennent part à la négociation de la convention », affirme Margaret Gillis, fondatrice et présidente émérite du Centre international sur la longévité (CIL) du Canada, ainsi qu’ambassadrice pour Elder Abuse Prevention Ontario. Elle souhaite que le Canada défende la convention avec la même vigueur que la Slovénie, le Ghana, le Brésil ou l’Argentine, mais se réjouit qu’il continue au moins de faire valoir les droits de la personne, comme toujours.

Cette convention des NU devient de plus en plus urgente, car le vieillissement des populations transforme profondément les sociétés. D’ici 2050, une personne sur cinq aura plus de 60 ans, et 80 % d’entre elles vivront dans des pays à revenu faible ou moyen.

Le Canada n’y échappera pas. D’ici 2030, 25 % des Canadiens auront plus de 65 ans, et les aînés du pays font face, entre autres, à l’âgisme, à des obstacles pour accéder aux soins de santé et aux services sociaux, à la maltraitance, à l’insécurité du logement et à l’itinérance. Et, bien que la rédaction de la convention soit en cours, il n’existe toujours aucun instrument international dédié aux droits des aînés.

Selon Mme Gillis, de nombreuses raisons justifiaient la décision du Canada de participer enfin à la rédaction de la convention. La convention comble une lacune du droit international en instaurant un traité exécutoire visant à éliminer l’âgisme, la discrimination fondée sur l’âge, la maltraitance et la négligence envers les aînés, à garantir l’accès aux soins de longue durée, à réduire les inégalités en matière de santé et à résoudre d’autres défis liés au vieillissement. Une telle convention permet aussi de lutter contre l’âgisme, de clarifier et de renforcer la redevabilité des gouvernements envers leurs citoyens âgés.

« Ultimement, une société est jugée selon la manière dont elle traite ses citoyens âgés », affirme Mme Gillis. « Le Canada devrait mener l’appel en faveur d’une convention des Nations Unies sur les droits des personnes âgées, car vieillir ne devrait jamais signifier perdre ses droits, sa voix ou sa dignité. Une convention transformerait des principes en protections. »

Mme Gillis rappelle que le Canada lui-même a besoin de cette convention, puisqu’il a accusé l’un des pires bilans au monde en matière de décès dans les établissements de soins de longue durée durant la pandémie de COVID-19, soit 14 000 morts.

« Ce fut une tragédie nationale, une véritable honte pour notre conscience collective », dit-elle.

Elle a également souligné que 550 personnes âgées sont décédées lors du dôme de chaleur en Colombie-Britannique en 2021. Par conséquent, les gouvernements fédéral et provincial concernés ont fait l’objet de sévères condamnations de la part de Human Rights Watch pour ne pas avoir protégé leurs citoyens.

Avant que le Canada ne décide d’appuyer la rédaction de la convention, le CIL du Canada a organisé un événement au Sénat du Canada afin de susciter du soutien pour celle-ci.

Gisèle Tassé-Goodman et Jessica Searson, respectivement présidente du conseil d’administration national et directrice de la défense des intérêts de Retraités fédéraux, y ont assisté, avec Mme Gillis.

 

Cet article a publié dans le numéro du l’automne 2026 du magazine Sage, dans notre rubrique « Bilan santé », qui porte sur des questions de santé et des politiques de santé d’actualité, sous l’optique des enjeux qui touchent les aînés canadiens. Maintenant que vous êtes ici, pourquoi ne pas télécharger le numéro complet et jeter un coup d’œil à nos anciens numéros aussi?