Triomphe robotique du Canada
Des fonctionnaires du Conseil national de recherches ont travaillé aux côtés d’entreprises du secteur privé pour construire le Canadarm.
L’astronaute Stephen Robinson est arrimé à un dispositif de retenue fixé au Canadarm2 de la Station spatiale internationale lors d’une sortie extravéhiculaire en 2005.
En l’honneur de la Semaine nationale de la fonction publique, nous présentons une série de découvertes, d’innovations et de réalisations rendues possibles grâce au travail des fonctionnaires. Tous les jours, les fonctionnaires travaillent assidûment à servir la population canadienne, et ces articles illustrent certaines des réalisations particulièrement remarquables qui ont permis de relever certains des plus grands défis de l’humanité. Des percées médicales aux solutions audacieuses, en passant par une ingéniosité créative hors du commun, nous mettons en lumière le talent, les compétences et la détermination dont ils et elles ont fait preuve pour mener leur mission à bien.
Quand le Canada a voulu donner un coup de main à l’exploration spatiale, des employé·e·s du gouvernement fédéral ont contribué à bâtir… un bras.
Plus de trente ans après sa création, le Canadarm demeure un triomphe de recherche, d’ingénierie et même de diplomatie. Il a établi la réputation du Canada en robotique spatiale, un domaine hautement spécialisé. Le Canadarm demeure, selon l’Agence spatiale canadienne (ASC), « la plus célèbre réalisation technologique du Canada dans le domaine de la robotique ».
Les entreprises privées qui ont participé à la construction du Canadarm ont été soutenues par le programme spatial canadien, alors naissant et en plein essor. Des spécialistes du Conseil national de recherches (CNRC) travaillaient discrètement en coulisses, rarement mentionnés dans les reportages consacrés à cet outil inédit. Avec une enveloppe de plus de 100 millions de dollars en financement fédéral, des employé·e·s du CNRC ont supervisé le développement du bras robotisé.
Le CNRC et Spar Aerospace ont amorcé la conception du bras au milieu des années 1970. Des accords bilatéraux entre la NASA et le CNRC ont alimenté ce projet public‑privé, qui réunissait des spécialistes du CNRC et 25 entreprises du secteur privé.
Le défi colossal consistait, comme l’indique la page Web de l’ASC, à « construire un outil aussi agile que le bras humain et capable de fonctionner parfaitement dans l’espace ».
Cette dextérité a été démontrée par l’éventail impressionnant de tâches accomplies avec succès par le Canadarm. Pendant plus de trente ans, une série de Canadarm installés sur les navettes de la NASA a contribué à lancer des satellites en orbite et à les « attraper » pour les réparer. Ils ont contribué à construire la Station spatiale internationale et utilisé des caméras IMAX — autre invention canadienne — pour filmer les astronautes dans l’espace, pour ne mentionner que quelques-unes de leurs nombreuses autres missions.
Le premier Canadarm a été offert par le gouvernement du Canada à la NASA, qui a symboliquement rendu le geste en permettant à Marc Garneau de se joindre à l’équipage d’une navette, devenant ainsi le premier Canadien dans l’espace.
Ce premier Canadarm a décollé le 12 novembre 1981 et, en plus de trente ans, lui et quatre autres bras ont soutenu diverses missions de la NASA. Le dernier vol de l’appareil a eu lieu en 2011 à bord de la navette Atlantis, après quoi le Canadarm original a été remplacé par le Canadarm2. Le Canadarm3 doit être livré dès 2029 et participera au projet Gateway, destiné à construire une base lunaire pour l’exploration de la Lune.
La recherche en robotique amorcée avec le Canadarm a mené à des avancées majeures ici sur Terre, et tout particulièrement en médecine. Le neuroArm est le premier robot capable d’effectuer des interventions chirurgicales à l’intérieur même d’un appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM), et il a permis de traiter des patient·e·s dont les affections étaient auparavant inopérables avec les technologies existantes. L’Image-Guided Autonomous Robot (IGAR) constitue un autre dérivé de cette expertise; une fois pleinement développé, il devrait considérablement améliorer le traitement du cancer du sein. Le Modus V, un microscope numérique robotisé lancé en 2017, est utilisé dans des hôpitaux partout en Amérique du Nord pour aider les chirurgiens à traiter des affections du cerveau et de la colonne vertébrale. Tous ces dispositifs sont issus des travaux de recherche qui ont commencé avec le Canadarm.
L’ASC affirme que le Canadarm « est un symbole de l’ingéniosité, de la précision et de la fiabilité canadiennes, et a démontré que le Canada pouvait contribuer à relever les plus grands défis de l’humanité avec des technologies de pointe ».
Un tel exploit n’aurait jamais été possible sans l’appui et l’expertise des employé·e·s du gouvernement fédéral.
Quelques faits saillants sur le Canadarm
- Il pesait 410 kilogrammes et, bien qu’il fût puissant et flexible, il ne pouvait pas se soutenir lui‑même dans la gravité terrestre.
- Il pouvait soulever plus de 30 000 kilogrammes, « ou jusqu’à 266 000 kilogrammes en apesanteur », selon l’Encyclopédie canadienne. Il accomplissait ces tâches tout en consommant moins d’énergie qu’une bouilloire moyenne.
- Le Canadarm original a été construit en cinq exemplaires pour la NASA. L’un d’eux est aujourd’hui exposé au Musée de l’aviation et de l’espace du Canada.