Maintenir sa force, même assis
Le yoga et le tai-chi sur chaise sont deux pratiques bénéfiques et idéales pour les personnes ayant des problèmes de mobilité.
Lisa Rudyk (au centre), qui est résidente d’Ottawa et membre de l’Association, constate les bienfaits du yoga sur chaise, qui offre une base stable pour s’exercer et peut soulager la pression s’exerçant sur des genoux douloureux ou des chevilles instables, selon Harvard Health. Photo : Dave Chan
Lorsque Linda Schneider se remettait d’une fracture de la hanche, elle savait, grâce à ses médecins et au bon sens, qu’elle devait faire régulièrement des exercices doux. Une amie lui a suggéré le tai-chi, qu’elle a essayé, mais elle a trouvé les mouvements trop difficiles à exécuter et trop nombreux à mémoriser facilement.
Son amie lui a ensuite proposé le tai-chi sur chaise, une approche qui suscite récemment beaucoup d’intérêt. Il permet aux personnes aînées ou plus fragiles pour diverses raisons de profiter de cette pratique orientale du mouvement, autrefois un art martial et souvent décrite comme une « méditation en mouvement ».
Mme Schneider, de Peachland, en Colombie-Britannique, a immédiatement adopté cette pratique. « J’ai adoré », se souvient-elle. « On utilise tous ses muscles et toutes ses articulations. Tout fonctionne mieux, et je ne consulte presque plus mon chiropraticien. »
Dans la région de la capitale nationale, Lisa Rudyk pratique le yoga sur chaise depuis un an et demi. Comme le tai-chi sur chaise, il s’agit d’une adaptation d’une pratique orientale.
« Je souffre de la sciatique, de problèmes aux épaules et d’une certaine limitation de mobilité, mais le yoga aide vraiment à délier le corps », explique-t-elle. « Et c’est très apaisant. Cela calme l’esprit, et on repart en se sentant mieux qu’à son arrivée. »
Mmes Schneider et Rudyk sont toutes deux reconnaissantes des bienfaits qu’elles ont tirés des exercices sur chaise. Ces derniers sont largement reconnus comme un moyen précieux pour les personnes aînées de développer leur force, de relâcher leurs tensions corporelles et de prendre davantage en charge leur confort au quotidien.
Harvard Health, publié par la division de l’éducation sur la santé de la Harvard Medical School, en résume les avantages potentiels : « … en vieillissant, il se peut que vous ne puissiez plus faire les mêmes exercices que vous réalisiez facilement dans la vingtaine — ou même dans la cinquantaine et la soixantaine. C’est là que les exercices sur chaise entrent en jeu, surtout si vous avez des difficultés par rapport à l’équilibre ou la mobilité, à tout âge. Les exercices sur chaise peuvent vous aider à développer et à maintenir votre force, votre souplesse et votre endurance. Une chaise offre également une base stable pour faire de l’exercice et peut réduire la pression sur des genoux douloureux ou des chevilles instables. »
Mme Schneider pratique son tai-chi sur chaise à la Wine Country Tai Chi Society, à West Kelowna, dirigée par Doug et Yvonne Waines. Mme Waines travaille avec le tai-chi depuis des dizaines d’années, souvent en compagnie de sa fille, Michelle Greenwell, qui organise à l’occasion des retraites avec les clients de la Wine Country, en plus de diriger le Greenwell Center for Holistic Health à Mabou, sur l’île du Cap-Breton. Elle détient plusieurs diplômes dans le domaine du mieux-être, dont un doctorat en soins de santé complémentaires et intégratifs.
Lors d’une entrevue depuis Mabou, Mme Greenwell explique que, il y a 20 ans, elle et sa mère ont consacré un an et demi à une « exploration approfondie » du tai-chi sur chaise. À l’époque, la forme assise du tai-chi était considérée comme un point de départ permettant aux personnes qui le pratiquaient de développer suffisamment de force et de conscience corporelle pour passer ensuite au tai-chi en position debout. Aujourd’hui, de nombreuses personnes qui pratiquent avec elle ne font que du tai-chi sur chaise, ce qui est amplement suffisant.
Cela calme l’esprit, et on repart en se sentant mieux qu’à son arrivée.
« Cela va vous transformer », dit-elle. « Vous serez en mesure de rétablir l’harmonie dans votre corps. Si vous avez un déséquilibre entre les systèmes du corps humain, une mauvaise posture ou de mauvaises habitudes de mouvement, tout cela peut s’améliorer avec le temps, à mesure que vous apprenez à mieux comprendre le fonctionnement de votre corps. »
Les mouvements sont généralement lents, continus et fluides. Les personnes qui pratiquent cette activité doivent être aussi attentives que possible à ce qu’elles font. Par moments, elles peuvent adopter une posture debout pour certains mouvements qui correspondent à leurs capacités. La plupart du temps, toutefois, l’activité se pratique en position assise.
Bien que Mme Greenwell affirmeque même les adolescents peuvent bénéficier du tai-chi sur chaise (« Je suis certaine que vous avez déjà remarqué leur posture épouvantable… »), la majorité de ses clients sont des personnes aînées.
« Lorsque l’on vieillit, c’est le moment où il devient vraiment important de comprendre son corps », affirme-t-elle. « On a tout intérêt à savoir comment l’utiliser. »
Un sentiment de progressionse manifeste généralement assez rapidement, ajoute-t-elle. « On peut bien commencer dès le premier jour, mais il ne faut pas s’attendre à aller vite. »
Elle garde les séances simples. « Je demande seulement aux participants de retenir deux éléments par cours et de les explorer à la maison durant la semaine. Cela finit par mener quelque part. S’ils essaient de tout retenir, et c’est ceque tout le monde fait au début, ils se bloquent. »
Avec le temps, les participants en viennent à maîtriser l’ensemble des 108 enchaînements de mouvement qui composent la séquence standard du tai-chi.
Faut-il consulter un médecin avant de commencer cette pratique? « La seule raison de consulter serait si une partie de votre corps pose problème. Et si quelque chose est douloureux, nous travaillons à seulement 40 % d’effort afin de ne rien aggraver. »
On observe récemment une prolifération de publicités en ligne pour le tai-chi sur chaise qui laissent entendre qu’on peut se transformer en statue grecque robuste et musclée en à peine sept minutes par jour. Manifestement peu convaincue, Mme Greenwell en rit lorsqu’on l’interroge à ce sujet.
« Ce n’est pas réaliste, mais si cela suscite de l’intérêt et amène les gens à de vrais cours de tai-chi, c’est formidable. »
De retour dans la région de la capitale nationale, la yogini sur chaise Lisa Rudyk pratique au sein de la communauté virtuelle du mieux-être The Karuna at Home, au Carrefour santé Aline-Chrétien, à Orléans. L’instructrice Janet Mcgeein possède, en plus de qualifications avancées en enseignement du yoga, des certifications en aquagym et en Pilates ainsi qu’en entraînement cardiomusculaire et personnel.
« Le yoga sur chaise est une excellente pratique pour tout le monde, mais particulièrement pour
les personnes ayant une mobilité réduite ou des problèmes d’équilibre.
Il comporte beaucoup d’étirements et de renforcement musculaire, et nous veillons attentivement à nous adapter aux défis individuels. »
Mme Mcgeein possède une spécialisation en conditionnement physique après réadaptation, notamment pour les personnes ayant récemment subi une importante intervention chirurgicale, comme une arthroplastie du genou ou de la hanche, ainsi que pour celles présentant des troubles neurologiques à la suite d’un AVC ou d’une lésion cérébrale, ou encore des problèmes de mobilité.
Quatre cours de yoga sur chaise sont offerts chaque semaine. Les cours sont également accessibles en ligne.
Mmes Schneider et Rudyk sont toutes deux fières membres de l’Association nationale des retraités fédéraux.
Mme Schneider fait partie de la Section du centre de l’Okanagan, à Kelowna, grâce à une adhésion double avec son mari Gordon, un agent de la GRC à la retraite.
Mme Rudyk, qui a pris sa retraite du ministère de la Défense nationale il y a quatre ans, admet que l’association l’a d’abord attirée en raison de l’assurance voyage. Elle ajoute qu’elle apprécie maintenant beaucoup le magazine Sage, à cause de la diversité des sujets abordés et de la possibilité qu’il offre de voir comment d’autres personnes retraitées font face aux défis de leur situation.
Si vous décidez de commencer le yoga sur chaise ou le tai-chi sur chaise, vous devrez trouver un instructeur. Mais comment savoir si vous avez trouvé le bon?
« Si vous sentez que l’instructeur comprend le fonctionnement du mouvement et que vous appréciez à la fois l’instructeur et les exercices, vous êtes probablement au bon endroit », explique Mme Greenwood.