Préludes au service public
Stephen Parker a passé 25 ans au CRTC avant de revenir à son premier amour : la musique.
L’essor du disco a mené Steve Parker à faire carrière dans la fonction publique.
« Quand le disco est arrivé, une bonne partie de la scène musicale en personne a disparu », explique Steve Parker, qui se produisait alors dans la région d’Ottawa et partait en tournée, jusqu’à ce que les clubs de danse envahissent le paysage. « Je faisais plutôt du folk, du style auteur-compositeur-interprète, et beaucoup de petits cafés ont fermé. »
Il a posé sa candidature à un poste fédéral et a rapidement été embauché au CRTC, au sein de la direction de la radio. « J’y ai passé les 25 années suivantes. »
Sa première tâche a consisté à surveiller les stations de radio pour vérifier leur conformité aux nouvelles règles sur le contenu canadien. Par la suite, il a analysé les demandes visant la création de nouvelles stations.
Lors de ses dernières années au CRTC, il était analyste principal des demandes à la direction de la radio et des politiques radiophoniques, et il a également contribué à l’élaboration de nouvelles politiques, notamment la réglementation sur les « artistes émergents » destinée à soutenir les nouveaux artistes canadiens à la radio.
« Le travail était extrêmement intéressant, mais j’ai ressenti l’envie de retourner dans le milieu de la musique dans le secteur privé. »
La musique fait partie de sa vie depuis l’âge de dix ans. Au début des années 1970, il faisait des tournées avec le groupe rock canadien Brighton Rock (à ne pas confondre avec le groupe du même nom des années 1980). Fatigué des tournées, il est allé au Humber College, où il a obtenu un diplôme en composition et théorie musicales, avec des mineures en orchestration et en arrangement.
Il est retourné à Ottawa et a « remis son chapeau d’entrepreneur. J’ai lancé une société de production, Parker Libby Productions, et j’ai produit plusieurs disques. Nous avons produit un documentaire radiophonique pour CHEZ-FM intitulé Capital Roots, une série en cinq volets retraçant l’histoire de la scène rock d’Ottawa d’environ 1958 à 1972. »
À sa retraite en 2010, lui et sa conjointe, Christiane D’Aoust, « en ont eu assez de la ville » et ont déménagé à L’Ange-Gardien, au Québec, où, comme l’indique son site Web, il « continue de trouver l’inspiration dans [ce] cadre serein ».
Il a lancé une autre entreprise et produit une émission de radio affiliée sur la musique country canadienne, qui a remporté en 2015 un prix de la Canadian Country Music Association pour la meilleure émission radio-télé spéciale. Ensuite, il s’est replongé dans l’interprétation et la composition, et c’est ce qu’il fait, maintenant.
Il a également fondé PSP Records, qui lui permet de publier ses propres enregistrements ainsi que ceux d’autres artistes canadiens de musique classique ou de jazz. Par ailleurs, il ne tarit pas d’éloges sur l’un d’eux, Mark Ferguson, pianiste et compositeur de jazz (et chargé de cours aux universités Carleton et McGill). « Nous allons le proposer pour un prix Juno. C’est un musicien extraordinaire. »
M. Parker a publié un enregistrement de ses propres préludes sur son site Web et prévoit lancer un CD de ses nouvelles œuvres pour piano à l’automne.
Il aime faire une pause pour se remémorer ses années de scène à Ottawa. Il n’a jamais joué au légendaire club folk Le Hibou, mais il y a occupé un emploi à temps partiel qui lui a permis de rencontrer des musiciens célèbres, comme Sonny Terry et Brownie McGhee.
Aujourd’hui, il vit entouré d’une forêt avec sa femme, Christiane D’Aoust, « elle-même très bonne pianiste », et leur chien Gamay, un croisé husky sibérien-malamute.
Ils vivent ensemble depuis « je ne sais combien d’années ». Chaque année, à l’anniversaire de leur relation, il lui demande de l’épouser, ce qu’elle refuse. Et puis, « je crois que c’était en 2000, j’ai dit : “Bon sang, Chris, marions-nous.” J’étais en train de faire la vaisselle. Elle a répondu : “D’accord”. J’ai laissé tomber une assiette dans l’évier, qui s’est brisée. »
Pour écouter sa musique et découvrir son studio, visitez phillipstephenparker. com.