Arie de Jong (à droite) fait du bénévolat avec l’Aquatic Biosphere Society of Alberta, contribuant à des projets qui soutiennent l’éducation au sujet de l’eau et protègent les écosystèmes aquatiques.
Le bénévolat peut prendre de nombreuses formes. Et cela, Joanne McKiernan le sait fort bien. En tant que directrice générale de Volunteer Toronto, elle voit constamment la façon dont les gens « s’investissent dans leur communauté », pour le bien commun.
« Le bénévolat en est une façon, mais il existe aussi des activités qui servent de tremplin à la participation, comme connaître ses voisins et prendre contact avec les réseaux informels autour de soi, organiser des initiatives sur des thèmes particuliers ou des activités précises, comme des équipes de nettoyage ou, encore, offrir des formes d’entraide informelles », explique-t-elle. « Nous évoluons dans un environnement en transformation par rapport à ce que nous souhaitons désormais reconnaître comme des contributions significatives et comme des façons de garder le contact. »
Son organisation gère un programme de micro-subventions qui encourage des projets créatifs et communautaires, comme des groupes de personnes aînées qui en aident d’autres à apprendre le jardinage sur balcon, de l’art-thérapie pour les nouveaux arrivant·e·s favorisant les liens à travers un patrimoine commun, ou encore des clubs de marche pour personnes âgées.
Ce sont là les formes moins formelles de bénévolat qui émergent aujourd’hui, et elles amènent souvent ces personnes à participer ensuite à des possibilités de bénévolat plus structurées.
Pendant ce temps, partout au pays, les bénévoles apportent à la société des contributions discrètes, peu connues et en coulisses. Mme McKiernan cite, par exemple, un programme de soutien par les pairs en santé mentale destiné aux agriculteurs. D’autres personnes préservent silencieusement l’histoire locale, établissent et maintiennent des fonds d’archives, ou protègent la langue et la culture.
Donner une voix à une communauté
Un groupe philippin de Toronto, par exemple, travaille à mobiliser les membres de la communauté philippine en vue de l’élection municipale de 2026. Josel Angelica Gerardo fait partie d’une poignée de bénévoles du Filipino Canadian Civic Action Network, qui cherche à augmenter la participation électorale des Philippins.
« Nous sommes l’une des plus grandes communautés ethnoculturelles de Toronto et, pourtant, nous n’avons jamais eu de conseiller municipal ou de maire philippin, ni de représentants à d’autres niveaux de gouvernement », explique Mme Gerardo. « Nous voulons montrer aux Philippins qu’ils ont bel et bien une voix. »
Elle indique que le groupe se rend à Scarborough et North York et organise des ateliers sur l’art du récit et l’identification des enjeux qui comptent pour eux.
« Entre les ateliers, nous participerons aux festivals philippins cet été », ajoute-t-elle.
Mme Gerardo dit que ce travail est important pour elle parce qu’elle est une immigrante philippine.
« Ma mère est arrivée à Toronto dans le cadre du programme des aides familiaux résidants parce qu’elle voulait une vie meilleure pour ma sœur et moi. J’ai découvert que ce programme était une collaboration entre le gouvernement fédéral et le gouvernement philippin, et cela a en quelque sorte influencé ma vie. J’ai pensé qu’il était temps que nos voix soient entendues par le gouvernement. »
Préserver les traditions autochtones
Taylor Behn-Tsakoza, membre de la Nation dénée à Fort Nelson, en Colombie-Britannique, se passionne pour la préservation de sa culture. Elle consacre environ 20 heures par semaine à préserver sa culture autochtone en assumant divers rôles bénévoles, notamment en animant des ateliers de tannage de peaux et d’apprentissage de la langue, et en donnant un coup de pouce pour organiser des événements communautaires de grande envergure.
« Quand je pense à notre langue, nous ne comptons plus qu’une poignée de locuteurs qui la maîtrise bien, et je crois que notre plus jeune locuteur fluent a 45 ans, » dit-elle. « Chaque fois que nous perdons un aîné, nous perdons un livre d’histoire, nous perdons un dictionnaire, nous perdons ces vieux récits que j’apprends et ceux que je ne connais pas encore. Pour apprendre cela, je dois y mettre du temps. »
En plus de la préservation de la culture et du patrimoine, il existe des réseaux de soutien par les pairs pour la santé, les soins et le deuil, des bénévoles qui contribuent à toutes sortes de recherches et des projets de science citoyenne. Le sondage national « Bringing Meaning to the Volunteer Experience » (Donner du sens à l’expérience bénévole) offre un aperçu de ce qui motive, soutient et met au défi les bénévoles. À la question « Qu’est-ce que le bénévolat? », les réponses allaient de « offrir volontairement son temps sans rémunération pour aider une cause, des initiatives ou des tâches générales » à « contribuer au bien-être des autres, répondre à des besoins, favoriser des changements positifs, grandir en tant qu’individu, créer des liens, développer l’empathie et le sentiment d’avoir un but ». Parmi les réponses décrivant les formes de bénévolat figuraient « aider des animaux à trouver un foyer permanent » ou « soutien éducatif, protection de l’environnement, service communautaire, secours en cas de catastrophe et autres domaines visant à améliorer la société ».
Des sauveteurs de tortues à Toronto
L’initiative autochtone et bénévole Protecteurs de tortues Mishiikenh Gizhaasowin rassemble des bénévoles de divers horizons, âges et sexes. En 2025, ses bénévoles ont consacré plus de 3 000 heures à protéger et à soutenir les populations locales de tortues, qui sont toutes en voie de disparition. L’initiative Protecteurs de tortues a vu le jour lorsque quelques résidents de Toronto ont constaté un besoin, et l’initiative a grandi depuis.
« Ensemble, nous avons protégé 140 tortues qui étaient en train de nicher ou de traverser des routes, et nous avons protégé 105 nids de tortues serpentines et de tortues peintes du Centre, » explique Carolynne Crawley, cofondatrice du groupe, ajoutant qu’ils ont relâché un nombre record de 1 195 bébés tortues dans 10 parcs municipaux de Toronto. « Nous renforçons la survie des espèces, grâce à une conservation directe et concrète. »
Le groupe fait également de la sensibilisation et offre des programmes éducatifs au public et aux écoles pour mieux faire connaître les tortues présentes dans la ville.
Protéger les biosphères en Alberta
De son côté, Arie de Jong fait du bénévolat depuis huit ans auprès de l’Aquatic Biosphere Society of Alberta. Elle siège au conseil d’administration de l’organisation et participe à toutes sortes d’initiatives.
L’un des projets vise à amener un aquarium en Alberta pour renforcer l’éducation au sujet de l’eau. Elle organise aussi des activités de nettoyage dans les lacs, avec des plongeurs qui en ont retiré des objets surprenants, comme des fours à micro-ondes ou des pneus.
« Et, ensuite, nous répertorions ce que nous trouvons », explique Mme de Jong.
Elle a également organisé des soirées de cinéma éducatives et fait beaucoup de mentorat auprès de futurs bénévoles.
« J’essaie simplement de faire passer le message et d’éduquer les gens, » dit-elle. « Nous essayons de bâtir un réseau plus vaste avec davantage d’occasions d’éducation et de contenu. »
Partout au pays, on trouve des exemples de ce type de bénévolat discret, qui contribue à enrichir la société. Il a également été prouvé que le bénévolat est bénéfique pour la santé des bénévoles, car il les garde actifs physiquement et mentalement, leur donne un sentiment de but, développe des compétences utiles et cultive à la fois de nouvelles relations et d’anciennes relations.