Un début de vie difficile mène à un bénévolat substantiel

08 avril 2021
Tony Yee.
En plus de son travail à temps plein, Tony Yee, membre de l'Association, a consacré l'équivalent d'un emploi à temps partiel à faire du bénévolat pour la Croix-Rouge canadienne, pendant plus de 45 ans!
 

À 83 ans, Tony Yee jette un regard satisfait sur plus de soixante-dix ans de vie au Canada et de service à la population.

Émigrant de la Chine à l’âge de 12 ans, Tony a passé de nombreuses décennies au service de son pays d’adoption, en tant que militaire, enseignant à Edmonton et bénévole qui, pendant plus de 45 ans, a consacré 50 000 heures à la Croix-Rouge canadienne.

En novembre dernier, le travail bénévole de Tony lui a valu une rare distinction, la Médaille du souverain pour les bénévoles. La citation explique que, en raison de son bénévolat à la Croix-Rouge, « Tony Yee a contribué à la promotion et à l’enseignement du secourisme et de la sécurité nautique, et s’est voué à l’aide humanitaire lors d’opérations de secours aux sinistrés ».

Cela n’a rien de surprenant. Car Tony a voué sa vie à servir autrui.

« Mes parents ont toujours privilégié l’éducation », dit-il. « Ils croyaient que toute personne voulant aller de l’avant devait acquérir des connaissances. C’est ce que j’ai essayé de faire moi-même, et j’ai voulu transmettre aux autres tout ce que j’avais appris. »

Pendant son service militaire, Tony est le plus souvent instructeur. Il passe neuf ans à montrer aux pilotes de l’Aviation royale canadienne comment manoeuvrer un avion, non pas dans les airs mais en classe, où il enseigne les techniques de communication et l’utilisation du radar.

Cet attachement à l’enseignement s’est approfondi pendant ses années de service militaire à Edmonton, alors qu’il fait partie du 437e Escadron de transport. Constatant le potentiel prometteur de Tony, son commandant lui permet de s’inscrire à l’université à mi-temps. En sept ans et demi, il décroche trois diplômes : un baccalauréat en éducation, un diplôme d’études supérieures en enseignement industriel et professionnel et une maîtrise en enseignement professionnel.

Lors de son départ à la retraite après deux décennies de travail militaire à temps plein (il fera partie des réserves pendant près 20 années de plus), Tony devient professeur d’enseignement professionnel au sein du Conseil scolaire public d’Edmonton, où il enseigne pendant 23 ans.

Même si sa vie est bien remplie, Tony trouve le temps d’accorder plus de 1 000 heures par an à titre bénévole pour la Croix-Rouge canadienne, soit environ la moitié des heures que la plupart des gens consacrent à leur carrière par an. Qu’est-ce qui le pousse à un tel niveau de dévouement?

« J’ai eu une vie difficile », confie Tony. « Quand j’étais petit, mon père a quitté la Chine pour le Canada. Restés en Chine, ma mère et moi tentions de fuir l’armée japonaise qui avait envahi la Chine. [Ils] ont bombardé notre village. Pour éviter d’être touchés par les avions japonais, [nous] nous cachions parfois dans des fossés.

J’ai donc connu la misère et la pauvreté et, quand les gens du Canada sont plongés dans une situation catastrophique, je les aide, parce que je comprends. »

L’amour de l’aventure, l’exploration de nouvelles choses, a toujours enrichi sa vie. À son arrivée au Canada en 1949, en compagnie de sa mère, il ne savait pas à quoi s’attendre. « J’allais entrer en terrain inconnu, mais j’ai toujours aimé ça. Un nouvel endroit est toujours une révélation. »

Sa vie chargée ne l’empêche pas de trouver du temps pour fonder une famille. En 1964, il épouse Kazue Kamada, enseignante d’école primaire au Conseil scolaire d’Edmonton. Leurs quatre enfants ont « chacun deux diplômes », ajoute Tony, fier que son attachement à l’éducation ait laissé sa marque sur la génération suivante.

Sa soif de découvrir de nouveaux endroits mène Tony et sa femme à faire de nombreuses croisières, 48 à ce jour. « Il n’existe pas de meilleure façon de voir le monde », précise Tony. « Nous avons fait le tour du monde deux fois et demie, même jusqu’au pôle Nord. » Même s’il est octogénaire, il espère toujours se rendre au pôle Sud, une destination que le couple a choisie avant que la COVID-19 ne bouleverse ses projets de voyage.

Il ne fait pas de bénévolat pour la Section d’Edmonton de l’Association, mais il approuve son travail. « À mon âge, on hésite à s’engager », ajoute-t-il. Mais au sortir de la pandémie, lorsque les réunions régulières reprendront, il réévaluera la question.

 

Cet article a été publié dans le numéro de l'hiver 2020 de notre magazine interne, Sage. Maintenant que vous êtes ici, pourquoi ne pas télécharger le numéro complet et jeter un coup d’œil à nos anciens numéros aussi?