Sénatrice retraitée et toujours au travail

05 janvier 2026
Marie-Paule est assise et sourit à la caméra.

Marie-Paule Charette-Poulin a été présidente du Parti libéral du Canada ainsi que sénatrice durant 20 ans. Aujourd’hui âgée de 80 ans, elle travaille encore.


Âgée de 80 ans, Marie-Paule Charette-Poulin éblouit encore par son initiative et son énergie, en continuant d’offrir ses services à autrui avec compétence, bonne volonté et élégance. Sénatrice retraitée et ancienne présidente du Parti libéral du Canada, elle exerce toujours les fonctions de parlementaire en résidence à l’Université Saint-Paul d’Ottawa. 

Elle poursuit même des études de doctorat en droit canon dans ses temps libres. De toute évidence, le temps qui passe ne mène aucunement sa vie. « L’âge m’importe peu », a-t-elle mentionné lors d’une récente entrevue. « Si vous souhaitez avoir le sentiment de mériter votre place dans ce monde, vous devez consacrer une partie de votre vie au service d’autrui. Cette vérité demeure, que vous ayez 6, 15 ou 80 ans. » Son curriculum vitæ est d’une longueur si colossale qu’on ne peut qu’en parcourir les éléments marquants. 

Pendant 20 ans, elle a été cadre supérieure pour Radio-Canada, exécutant une série de mandats concernant divers portefeuilles à la vice-présidence, notamment à titre de secrétaire générale du conseil d’administration. Avant cela, alors qu’elle travaillait comme directrice fondatrice des Services français du Nord de l’Ontario de Radio-Canada, elle a contribué au lancement de la station de radio CBON à Sudbury, un service de radiodiffusion francophone comptant plus de 30 antennes de retransmission dans le Nord de l’Ontario. 

En 1995, l’ancien premier ministre Jean Chrétien l’a nommée au Sénat, où elle a siégé pendant 20 ans. De son parcours au Sénat, elle retire la satisfaction particulière d’avoir contribué à établir la Journée nationale des peuples autochtones, le 21 juin, le Jour de la crête de Vimy, le 9 avril, et la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, le 27 janvier. Elle a quitté le Sénat en 2015, mais se tient occupée depuis lors en siégeant à de nombreux comités et conseils. 

Il y a deux ans, elle a été nommée parlementaire en résidence à l’Université Saint-Paul, où elle consacre une bonne partie de son temps à établir des partenariats avec d’autres universités à l’échelle internationale, notamment au Mexique, en France et au Japon. « Cela ne représente qu’une infime partie de mes fonctions, car elles touchent un peu à tout, y compris aux fenêtres », explique Mme Charette-Poulin. Mme Charette-Poulin est née à Sudbury en 1945 et ses parents lui ont très rapidement inculqué l’importance de rendre service à autrui. 

Son père, Alphonse Charette, avait une entreprise de vente de nourriture pour animaux et de semences pour le secteur agricole. Sa mère, Lucille Ménard, était enseignante. Ses deux parents ont siégé à divers comités municipaux, par devoir civique. Mme Charette-Poulin garde bien à l’esprit une volonté manifestée par son père, qui s’est avérée formatrice pour elle. 

« Il estimait que les francophones devraient pouvoir naître, étudier, travailler et mourir en français. Je pense que, depuis son époque, cela s’est concrétisé en grande partie, mais pas complètement. » Ce flambeau, qu’elle a repris de façon implicite, s’est manifesté incontestablement tout au long de sa carrière, surtout dans le cadre de son travail pour mettre en place un service de radio francophone dans le Nord de l’Ontario. 

Trop nombreuses pour être toutes énumérées, les distinctions qu’on lui a décernées comprennent le Prix Marcel Blouin pour la meilleure émission de radio du matin au Canada en 1983, un doctorat honorifique en droit de l’Université Laurentienne, l’insigne d’Officière de l’Ordre national de la Légion d’honneur de la France, ainsi qu’une décoration de l’Ordre du soleil levant du gouvernement japonais. 

Elle est membre de l’Association nationale des retraités fédéraux depuis 30 ans et fait l’éloge du travail de celle-ci. « Je ne pourrais pas éprouver une plus grande admiration envers une organisation qui préserve les liens entre les gens et qui représente si bien les intérêts des membres auprès des gouvernements. » Travaillant toujours activement, elle perçoit que de vastes horizons lui sont ouverts. « Vous savez, terminer ce doctorat pourrait me prendre des années, mais je compte le terminer, même si je n’y arrive qu’à l’âge de 90 ans. » Il y a fort à parier qu’elle y parviendra.

 

Cet article a été publié dans le numéro du l'hiver 2025 de notre magazine interne, Sage. Maintenant que vous êtes ici, pourquoi ne pas télécharger le numéro complet et jeter un coup d’œil à nos anciens numéros aussi?