« Elles me rendent toutes humble. »

06 janvier 2026
Le portrait de Sharon Ross

Sharon Ross a reçu d’innombrables distinctions au cours de sa vie, dont, tout récemment, l’Ordre du Canada des mains de la gouverneure générale, Mary Simon. 
 

Si Sharon Diane Brown Ross d’Halifax a été surprise lorsqu’elle a reçu l’Ordre du Canada en avril dernier, ce n’est pas parce qu’elle n’avait jamais été reconnue auparavant. En fait, les marques de reconnaissance ont afflué de toutes parts au fil de ses dizaines d’années de service à la population canadienne. 

« J’étais honorée, bien sûr. Cela me fait plaisir de voir mes efforts pour aider être reconnus », a-t-elle confié à Sage lors d’une récente entrevue, « mais je ne pourrais pas dire que j’aime une distinction plus qu’une autre. « Elles me rendent toutes humble. »

La citation accompagnant son Ordre du Canada indiquait que « sa carrière et son bénévolat témoignent de son engagement en faveur des causes sociales et de l’inclusion », ainsi que son « rôle clé en aidant les personnes issues de minorités ethniques à obtenir reconnaissance, intégrité et égalité des chances au sein de la société canadienne. »

Mme Ross, qui est Afro-Canadienne, est née et a grandi à Halifax, où elle a fréquenté l’Université Mount Saint Vincent, obtenant un baccalauréat en administration des affaires. Sa vie professionnelle s’est ensuite déroulée entre sa province natale et l’Ontario, où elle a travaillé longtemps pour le gouvernement fédéral. 

Son curriculum vitæ est si détaillé et long qu’on ne peut que demander à Mme Ross de mentionner, selon elle, les moments les plus marquants de sa carrière. 

En 1977, elle a été coanimatrice, coordonnatrice et chercheuse pour un documentaire télévisé intitulé Black Insights, qui abordait divers sujets concernant la communauté noire de la Nouvelle-Écosse. « Nous voulions montrer aux gens que la communauté noire possède une histoire riche et méconnue, et je suis heureuse de voir que le documentaire est encore utilisé dans les écoles néo-écossaises. »

Elle est tout aussi fière d’avoir joué un rôle dans le lancement de la conception et de la campagne de financement du Centre culturel noir de la NouvelleÉcosse d’Halifax, qui a ouvert ses portes en 1983. « J’ai été ravie de m’engager dans ce projet, » dit-elle. « C’était le premier édifice provincial que la communauté noire pouvait désigner en disant : “Ce bâtiment représente l’histoire et les contributions de la communauté noire”. »

En tant que membre du conseil des gouverneurs du Musée de la NouvelleÉcosse, Mme Ross a revendiqué la création d’un nouveau musée consacré aux loyalistes noirs, un groupe de personnes noires venues des États-Unis en 1783, à l’époque de la Révolution américaine.

« Tout le monde connaît les loyalistes blancs, mais peu savent que des personnes noires faisaient partie de celles qui sont demeurées loyales à la Couronne britannique », dit-elle. Cette idée a finalement donné naissance au Centre du patrimoine loyaliste noir à Shelburne, en Nouvelle-Écosse, qui a ouvert ses portes en 2015.

Mme Ross se souvient avec fierté des trois années qu’elle a passées à aider le Conference Board du Canada à produire un guide en 2005 sur l’inclusion des minorités en milieu de travail. Intitulé Business Critical: Maximizing the Talents of Visible Minorities, an Employers Guide, ce livre a encouragé les sociétés à reconnaître les avantages économiques évidents qu’il y a à exploiter pleinement les talents et les compétences des minorités.

Membre enthousiaste de longue date de l’Association nationale des retraités fédéraux, Mme Ross a siégé au conseil d’administration de la Section du centre de la Nouvelle-Écosse et a agi comme agente des prestations de santé. Elle a aussi récemment siégé au Comité national de la défense des intérêts.

« L’association est un merveilleux véhicule pour protéger nos prestations et nos pensions. Plus que jamais, nous avons besoin d’une protection accrue », lance-t-elle.

En repensant à sa vie, Mme Ross estime que ses efforts et ceux des autres pour améliorer l’inclusion des minorités ont porté fruit, mais seulement jusqu’à un certain point. 

« À une époque, des personnes comme moi ne pouvaient pas louer de voiture, entrer dans certains restaurants ou conduire un autobus. Tout cela s’est amélioré, mais le racisme et l’exclusion sont loin d’avoir disparu. Il reste du pain sur la planche. »

 

Cet article a été publié dans le numéro du l'hiver 2025 de notre magazine interne, Sage. Maintenant que vous êtes ici, pourquoi ne pas télécharger le numéro complet et jeter un coup d’œil à nos anciens numéros aussi?