La SV et le RSG sont une bouée de sauvetage pour une population vieillissante

27 mars 2026
Un groupe de diverses personnes aînées discute ensemble à l’extérieur.
Le système de revenu de retraite du Canada repose sur des programmes comme la SV et le SRG pour soutenir les personnes aînées partout au pays.


Selon Statistique Canada, la population canadienne continuera de vieillir de façon constante : la proportion de personnes aînées (65 ans et plus) passera de 19,5 % en 2025 à entre 22,6 % et 32,5 % d’ici 2075. Le revenu de retraite demeurera au cœur des discussions pour les années à venir, et les programmes de la Sécurité de la vieillesse (SV) et du Supplément de revenu garanti (SRG) continueront de jouer un rôle essentiel comme filet de sécurité qu’il faut absolument protéger. 

La SV trouve ses origines dans une loi vieille de près de 100 ans : la Loi sur les pensions de vieillesse de 1927. À l’époque, des défenseurs comme Woodsworth et Heaps militaient pour un régime national de pension, estimant qu’une nation compatissante devait offrir une protection contre le « dénuement ». Woodsworth a d’ailleurs posé cette question célèbre au premier ministre Mackenzie King (scène recréée dans une vidéo de la série « Minutes du patrimoine » : « Est-ce trop s’attendre du Canada qu’il s’occupe de personnes pauvres âgées de 70 ans qui ont contribué à construire ce pays? » 

Malheureusement, la prestation initiale ne s’adressait qu’aux sujets britanniques âgés de plus de 70 ans et résidant au Canada depuis 20 ans, ce qui ne correspond pas vraiment au système que nous connaissons aujourd’hui. En 1951, la Loi sur la sécurité de la vieillesse a étendu le programme à la plupart des Canadien·ne·s de plus de 70 ans. Puis, en 1967, le SRG a été instauré et l’âge d’admissibilité a été abaissé à 65 ans. 

Depuis la mise en place de la SV et du SRG, le taux de pauvreté chez les personnes aînées a chuté de façon spectaculaire, passant de 30 % avant la SV à 5 % en 2023. La SV et le SRG jouent un rôle majeur, représentant entre 26 % et 36 % du revenu des personnes aînées. Même un changement relativement modeste peut avoir des répercussions importantes : Emploi et Développement social Canada a indiqué que, si l’âge d’admissibilité à la SV n’était pas revenu de 67 à 65 ans en 2016,100 000 personnes aînées de plus se retrouveraient aujourd’hui en situation de pauvreté. 

Cette réalité est d’autant plus préoccupante que la couverture des régimes de retraite à prestations déterminées a chuté, passant d’un sommet de 45 % dans les années 1970 à environ 25 % aujourd’hui. Alors que les Canadien·ne·s assument une part croissante du risque lié à leur sécurité du revenu de retraite, il est essentiel de maintenir un filet de sécurité qui les empêche de tomber sous le seuil de pauvreté. 

Ces prestations sont également réinjectées directement dans l’économie canadienne : les personnes aînées dépensent presque tout leur revenu localement. Selon Statistique Canada, les Canadien·ne·s de 65 ans et plus consacrent 92 % de leur revenu à la consommation, en priorité pour le logement, l’alimentation, les vêtements, les soins et le transport, avec très peu de dépenses à l’étranger ou en biens de luxe. Les fonds sont dirigés vers les personnes qui en ont le plus besoin : l’admissibilité au SRG repose sur un seuil de faible revenu (22 488 $ en 2026), et la récupération de la SV garantit que le programme demeure ciblé (elle s’applique progressivement à partir d’un revenu de 93 454 $). 

La SV et le SRG sont des piliers éprouvés du système canadien de revenu de retraite : ils réduisent la pauvreté, soutiennent les économies locales et veillent à ce qu’aucune personne aînée ne soit laissée pour compte. Les décideurs doivent protéger et renforcer ces programmes, afin de soutenir la dignité, l’équité et la solidarité intergénérationnelle.